Eco-quartiers et maisons intelligentes : une révolution d'urbanisme durable en marche

Eco-quartiers et maisons intelligentes : une révolution d’urbanisme durable en marche

La Journée mondiale de l’eau avait pour thème cette année « L’eau pour les villes : répondre au défi urbain ». L’occasion pour l’Eau & Vous d’imaginer les futurs usages de l’eau dans la maison et la ville durables.

  • Imprimer cet article
  • Envoyer cet article

Aujourd’hui dans le monde, la moitié de la population vit en zone urbaine. Dans les pays en développement, 5 millions de personnes rejoignent chaque mois les villes1. Cette croissance démographique pèse lourdement sur les ressources, augmente les besoins de transport, d’énergie et complexifie le problème du traitement des déchets. Dans le domaine de l’eau, 141 millions de citadins n’ont pas accès à l’eau potable dans le monde2 et 789 millions de personnes ne bénéficient pas d’infrastructures d’assainissement correctes (l’assainissement consiste à dépolluer les eaux usées avant leur retour à la nature). Particulièrement prégnant dans les pays du sud, ce phénomène d’urbanisation et d’industrialisation n’est pas non plus sans conséquences sous nos latitudes comme en témoignent les épisodes récurrents d’inondations liés à la disparition des zones naturelles d’absorption des eaux de pluies. La pression exercée sur les ressources ne pourra elle non plus se poursuivre à l’infini.

La France en a pris acte en adoptant une série de lois d’une envergure sans précédent réunies sous l’appellation « Grenelle de l’environnement ». Véritable révolution dans l’univers de l’urbanisme et de la construction, elle a permis de jeter les bases d’une nouvelle idée de la ville, articulée autour de la création d’éco-quartiers, laboratoires de l’urbanisme durable. De la performance énergétique des bâtiments à l’organisation des transports en passant par la restauration du lien social, le maintien de la biodiversité ou la gestion des déchets, chacune des composantes de ces quartiers est conçue pour un meilleur respect des enjeux de développement durable. La gestion maîtrisée de l’eau dans les villes en constitue l’un des piliers.

L’eau au coeur de la ville

De nombreuses initiatives peuvent être entreprises pour redonner à l’eau sa place dans la ville : aménagement paysagers de bassins de rétention d’eau de pluie, devenus lieux de rencontre et de promenade, installation de fontaines, création ou réhabilitation de canaux et de voies d’eau destinés à la fois à rythmer les quartiers et à proposer de nouveaux réseaux de transport propres.
Moins visibles mais tout aussi prometteuses, de nouvelles technologies sont mises en oeuvre qui contribuent à réduire significativement l’empreinte environnementale de la ville. C’est le cas notamment des procédés de réutilisation des eaux pluviales pour l’arrosage des espaces verts ou le nettoyage de la voirie ou encore la récupération de la chaleur des eaux usées pour produire de l’énergie renouvelable. Ce dernier procédé proposé par Lyonnaise des Eaux, appelé Degrés Bleus®, sera prochainement installé dans l’écoquartier de Nanterre, une première en France ! (plus d’informations dans l’encadré Degrés Bleus).

L’habitat n’échappe pas à la « révolution bleue »

Les pistes sont aujourd’hui nombreuses pour réduire les besoins en eau de nos maisons. Les systèmes de récupération des eaux de pluies semblent prometteurs. Ces eaux peuvent être utilisées pour l’arrosage du jardin, le lavage des sols, des voitures et, pourquoi pas du linge. Dans ce dernier cas, pour des raisons sanitaires, l’utilisation d’eaux de pluie n’est autorisé qu’à titre expérimental et sous réserve d’une désinfection et d’une déclaration préalables.
Les progrès apportés à la surveillance des consommations constituent déjà une avancée majeure pour la maîtrise des consommations d’eau. Adoptés dans bon nombre de villes, les compteurs communicants ou « intelligents » permettent d’alerter les occupants des logements en cas de consommation anormale et de détecter au plus vite les fuites dans la maison, y compris lorsque le logement est inoccupé. Un service spécifique d’analyse en continu des consommations d’eau pourrait être ainsi proposé aux seniors pour donner l’alerte en cas d’interruption anormalement prolongée de l’utilisation du réseau d’eau intérieur. D’autres applications intelligentes se préparent qui bien au-delà de la seule maîtrise des consommations faciliteront le quotidien des occupants des logements.

Pour en savoir plus sur les écoquartiers, cliquez ici.

1 http://www.notre-planete.info/actualites/actu_2743_journee_mondiale_eau_2011.php
2 http://www.unesco.org/new/fr/media-services/single-view/news/world_water_day_focus_on_cities/

Questions/ Réponses

Nous manquons d’eau et nous laissons les cultivateurs installer des pompes qui débitent 80 mètres cubes par heure. Qu’en pensez-vous ?

La situation globale de la France est celle d’un pays bien doté en eau, tempéré et capable de soutenir une agriculture exportatrice, au moment où la demande mondiale d’alimentation est en forte augmentation. L’irrigation en France n’est souvent qu’une irrigation de complément et elle a permis de sécuriser les rendements dans bien des régions avec relativement peu d’eau.

Les situations de pénurie d’eau peuvent cependant apparaitre en France dans des contextes locaux, qui nécessitent alors des réponses structurelles (infrastructures, réglementation), ou de gestion de crise (interdictions temporaires). La réunion du comité national sécheresse par le MEDAD dès le 12 février 2008, qui a alerté sur les risques et sur le rôle de l’irrigation montre bien que les pouvoirs publics et les acteurs sont mobilisés sur ce sujet.

Il est également souhaitable d’adopter une vision d’ensemble sans opposer frontalement les points de vue de l’agriculture et de l’environnement. Les solutions durables consistent à simultanément restaurer les écosystèmes et nourrir la population de la planète, ce qui nécessitera des choix et des compromis.