Interview

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Hélène Valade, directeur du développement durable de Lyonnaise des Eaux

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Mieux gérer l’eau a une influence positive sur le problème du réchauffement climatique. Les explications d’Hélène Valade, directeur du développement durable de Lyonnaise des Eaux

Selon vous le sommet de Copenhague est-il un échec ?
Les conclusions ont été vécues comme tel, mais il ne faut pas oublier qu’il est compliqué de mettre en route une action internationale sur ce qui relève du domaine de la prévention. En plus, il est difficile de mobiliser l’opinion publique sur le réchauffement climatique lorsqu’il fait - 10° C ! Je pense que le sommet de Copenhague n’est pas un échec : la mécanique est enclenchée, l’ensemble des acteurs était présent et d’autres rendez-vous sont prévus en 2010.
Par ailleurs, en France, la dynamique du Grenelle de l’environnement fonctionne toujours.

Quelle est la contribution de Lyonnaise des Eaux pour réduire les gaz à effet de serre ?
On estime à 0,5 % par individu la part de production de GES créée par le service de l’eau et de l’assainissement. Aussi nous travaillons sur tous nos procédés industriels, pour en réduire la consommation d’énergie.
Mais nos activités peuvent avoir une contribution positive. Par exemple, avec degrés bleus®, nous proposons aux communes une solution qui permet d’utiliser la chaleur contenue dans les eaux usées. Autre exemple, les boues de stations d’épuration une fois séchées ont un pouvoir calorifique qui peut être utilisé comme carburant dans les usines d’incinération.

Quels gestes quotidiens autour de l’eau permettent de réduire les émissions de GES ?
Tout ce qui contribue à réduire sa consommation d’eau participe à la réduction des GES, notamment en ce qui concerne l’eau chaude. Plus on réduit la pollution des eaux, plus on en diminue le traitement et donc la quantité d’énergie nécessaire. Il est donc important de faire attention à ce que l’on rejette dans ses toilettes, chez soi bien sûr mais aussi dans les hôtels, au camping…

Quel est le geste anti écologiste qui vous révolte le plus ?
Jeter n’importe quoi dans une rivière.

Questions/ Réponses

Nous manquons d’eau et nous laissons les cultivateurs installer des pompes qui débitent 80 mètres cubes par heure. Qu’en pensez-vous ?

La situation globale de la France est celle d’un pays bien doté en eau, tempéré et capable de soutenir une agriculture exportatrice, au moment où la demande mondiale d’alimentation est en forte augmentation. L’irrigation en France n’est souvent qu’une irrigation de complément et elle a permis de sécuriser les rendements dans bien des régions avec relativement peu d’eau.

Les situations de pénurie d’eau peuvent cependant apparaitre en France dans des contextes locaux, qui nécessitent alors des réponses structurelles (infrastructures, réglementation), ou de gestion de crise (interdictions temporaires). La réunion du comité national sécheresse par le MEDAD dès le 12 février 2008, qui a alerté sur les risques et sur le rôle de l’irrigation montre bien que les pouvoirs publics et les acteurs sont mobilisés sur ce sujet.

Il est également souhaitable d’adopter une vision d’ensemble sans opposer frontalement les points de vue de l’agriculture et de l’environnement. Les solutions durables consistent à simultanément restaurer les écosystèmes et nourrir la population de la planète, ce qui nécessitera des choix et des compromis.