Jean LEMALE, ancien expert de l'ADEME

Jean LEMALE, ancien expert de l’ADEME

« Contrairement aux énergies solaire et éolienne, la géothermie fait de l’eau une source d’énergie indépendante des conditions climatiques »

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Qu’est-ce que la géothermie ?
La géothermie est l’exploitation des propriétés thermiques du sous-sol. En France la température augmente en moyenne de 3 à 4°C par 100 m. Les couches géologiques poreuses désignées sous le terme d’aquifères (sables, graviers, calcaires…), peuvent fournir de l’eau plus ou moins chaude : 12 - 13°C pour des profondeurs inférieures à 100 m, et 75°C à 1700 m. Sous le vocable « géothermie », on rencontre une grande diversité de technologies et d’applications qui vont du chauffage de la maison individuelle par pompe à chaleur, aux installations de chauffage urbain géothermique desservant plusieurs milliers de logements collectifs.

Quels sont les systèmes existants ?
Pour une ressource à faible profondeur, l’assistance d’une pompe à chaleur est indispensable pour relever le niveau de température. Pour une dépense d’un kWh électrique on peut disposer de 4 kWh thermique. Un forage fournissant un débit maxi de 100m3/h à 12°C peut assurer les besoins de chauffage d’un ensemble d’environ 500 logements neufs.
Pour une maison individuelle, sauf cas particulier (puits existants, volume important à chauffer), la réalisation d’un forage d’eau dédié est difficilement amortissable. En revanche, il existe des solutions par capteurs qui échangent avec le sol. Une sonde verticale de 80 m peut assurer le chauffage d’une maison neuve de 120 m².

Quels sont leurs avantages ?
Contrairement à l’énergie solaire et éolienne, l’énergie géothermique est indépendante des conditions climatiques. Les techniques utilisées aujourd’hui ont atteint le stade de maturité et sont caractérisées par une bonne efficacité énergétique et une bonne fiabilité. Le gain en termes d’émissions de CO2 selon les technologies utilisées, varie de 70% pour les systèmes utilisant les pompes à chaleur à plus de 90% pour l’utilisation d’aquifères profonds.
A moyen terme, ces solutions géothermiques se révèlent également économiques. Il est néanmoins important de noter que les performances évoquées ne seront obtenues que si les installations sont conçues et installées par des professionnels certifiés et que la maintenance soit assurée par des exploitants spécialisés.

Jean Lemale
Ingénieur ENSAM
Ancien expert à l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’énergie (ADEME)

Pour en savoir plus sur ce sujet, consultez le site internet :
www.geothermie-perspectives.fr/

Questions/ Réponses

Nous manquons d’eau et nous laissons les cultivateurs installer des pompes qui débitent 80 mètres cubes par heure. Qu’en pensez-vous ?

La situation globale de la France est celle d’un pays bien doté en eau, tempéré et capable de soutenir une agriculture exportatrice, au moment où la demande mondiale d’alimentation est en forte augmentation. L’irrigation en France n’est souvent qu’une irrigation de complément et elle a permis de sécuriser les rendements dans bien des régions avec relativement peu d’eau.

Les situations de pénurie d’eau peuvent cependant apparaitre en France dans des contextes locaux, qui nécessitent alors des réponses structurelles (infrastructures, réglementation), ou de gestion de crise (interdictions temporaires). La réunion du comité national sécheresse par le MEDAD dès le 12 février 2008, qui a alerté sur les risques et sur le rôle de l’irrigation montre bien que les pouvoirs publics et les acteurs sont mobilisés sur ce sujet.

Il est également souhaitable d’adopter une vision d’ensemble sans opposer frontalement les points de vue de l’agriculture et de l’environnement. Les solutions durables consistent à simultanément restaurer les écosystèmes et nourrir la population de la planète, ce qui nécessitera des choix et des compromis.