La baignade en toute tranquillité

La baignade en toute tranquillité

Derrière l’image de carte postale des soleils couchants sur les plages, la qualité des eaux de baignade constitue un enjeu majeur, tant pour les usagers que pour le milieu naturel. C’est pourquoi sa surveillance fait l’objet de toutes les attentions.

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Des seuils de qualité exigés par la loi

En 1976 était mise en application la première législation européenne sur la qualité des eaux de baignade destinée à protéger la santé publique et le milieu aquatique dans les zones côtières et intérieures (fleuves, lacs, réservoirs et étangs). Sa révision en 2006 a donné lieu à l’adoption d’une nouvelle directive européenne. Articulée autour de trois axes prioritaires - le renforcement des normes sanitaires, l’amélioration du pilotage de la qualité et l’information en temps réel du public - elle vise à atteindre un niveau de qualité au moins « suffisante » pour toutes les zones de baignade d’ici à 2013.

Sa mise en application, progressive, a débuté en 2010. La première étape a porté sur l’actualisation des principes d’analyse et sur le réajustement des seuils de tolérance des polluants selon les recommandations de l’OMS*. Pour faciliter la compréhension des résultats d’analyse par le plus grand nombre, quatre niveaux de qualité ont été institués : « excellent », « bon », « suffisant » ou « insuffisant ». Ces indications doivent être rendues publiques par les maires, responsables des conditions d’hygiène et de sécurité des zones publiques de baignade.

La seconde innovation de la directive porte sur l’obligation faite aux communes de dresser un profil de baignade, c’est à dire une cartographie des sites précisant leurs caractéristiques naturelles, la localisation des points de prélèvement et le recensement des sources possibles ou avérées de pollution. Ces profils, obligatoires à compter de 2012, devront être assortis de plans d’actions. Enfin, dès 2013, de nouveaux classements, tenant compte des analyses des 4 dernières années, devront être établis par les communes pour toutes les zones de baignade.
Un bilan global de ces dispositions sera dressé. Il conduira à la fermeture des zones de baignade dont la qualité sera jugée insuffisante et, si besoin, à une nouvelle révision de la Directive.

Une responsabilité locale

Reste qu’outre ces aspects juridiques, la qualité des eaux de baignade constitue aussi et surtout un enjeu économique et touristique pour les communes. De nombreux maires font donc le choix d’aller au-delà de leurs obligations légales pour garantir un niveau de qualité de l’eau optimal à leurs visiteurs. Beaucoup font appel à des prestataires pour assurer des prélèvements plus réguliers que les seules analyses obligatoires des Agences Régionales de Santé afin de pouvoir réagir sans attendre en cas de pollution ponctuelle. Les méthodes développées par Lyonnaise des Eaux par exemple constituent un excellent outil d’aide à la décision puisque qu’elles permettent d’obtenir des analyses en moins de trois heures.

La publication des résultats, obligatoire sur les plages et en mairie - de plus en plus souvent relayée sur le web, voire dans certaines stations par SMS - permet aux vacanciers d’être sûrs de profiter sans risque des joies de la baignade.

Tous concernés

Ces mêmes vacanciers veillent-ils pour autant au respect de la propreté des plages qu’ils fréquentent ? Pas toujours. Pourtant, des mégots de cigarettes aux résidus du pique-nique abandonnés sur la plage en passant par le chien lâché dans les vagues, toutes ces négligences, en apparence anecdotiques, constituent un réel facteur de dégradation de la qualité des eaux de baignades.

Ainsi si tout le monde est en droit de pouvoir profiter d’une baignade en toute sécurité, chacun a le pouvoir de contribuer au maintien de la propreté des plages et des plans d’eau. Le civisme ne prend pas de vacances !

* Organisation Mondiale de la Santé

Crédit photo : © Gillou/Fotolia

Questions/ Réponses

Nous manquons d’eau et nous laissons les cultivateurs installer des pompes qui débitent 80 mètres cubes par heure. Qu’en pensez-vous ?

La situation globale de la France est celle d’un pays bien doté en eau, tempéré et capable de soutenir une agriculture exportatrice, au moment où la demande mondiale d’alimentation est en forte augmentation. L’irrigation en France n’est souvent qu’une irrigation de complément et elle a permis de sécuriser les rendements dans bien des régions avec relativement peu d’eau.

Les situations de pénurie d’eau peuvent cependant apparaitre en France dans des contextes locaux, qui nécessitent alors des réponses structurelles (infrastructures, réglementation), ou de gestion de crise (interdictions temporaires). La réunion du comité national sécheresse par le MEDAD dès le 12 février 2008, qui a alerté sur les risques et sur le rôle de l’irrigation montre bien que les pouvoirs publics et les acteurs sont mobilisés sur ce sujet.

Il est également souhaitable d’adopter une vision d’ensemble sans opposer frontalement les points de vue de l’agriculture et de l’environnement. Les solutions durables consistent à simultanément restaurer les écosystèmes et nourrir la population de la planète, ce qui nécessitera des choix et des compromis.