Pourquoi est-il indispensable d’assainir l’eau avant de la rendre au milieu naturel ?
L’idée de rejeter dans le milieu naturel une eau non assainie revient à y déverser sa propre poubelle ! Afin de ne pas perturber les écosystèmes, la qualité de l’eau traitée doit être comparable à celle de l’eau qui se trouve déjà dans le milieu naturel. C’est d’ailleurs l’esprit de la directive européenne adoptée en l’an 2000. Elle ne définit pas de composition chimique idéale à retrouver, mais elle fixe aux États membres un objectif clair : atteindre le bon état écologique de leurs eaux souterraines et de surface pour 2015.
Que se passerait-il si les eaux usées n’étaient pas assainies ?
Cela entraînerait une dégradation du milieu, néfaste à la survie de sa flore et de sa faune traditionnelles, par la prolifération d’algues et de micro-organismes, puis par la raréfaction de l’oxygène. Cela remettrait également en cause la possibilité de se baigner, de pêcher ou de cultiver les coquillages comestibles…
Les niveaux de traitement nécessaires sont-ils identiques partout ?
Non, justement. Il existe des spécificités naturelles : zones classées sensibles, zones où l’eau se disperse peu… et des usages particuliers, comme les loisirs ou la pêche. Certains endroits exigent donc une qualité d’assainissement de l’eau adaptée. En ce qui concerne les secteurs qui souffrent d’une pollution diffuse, l’exemple breton montre qu’il est possible d’atteindre cette qualité, en y consacrant les moyens nécessaires, y compris financiers.
Chercheur et professeur de sciences physiques à l’École nationale de Santé publique, René Seux est également membre du Conseil supérieur d’hygiène publique de France et du Comité « eau » de l’AFSSA (Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments)


