« Ressources en eau : un bien essentiel que nous devons protéger »

« Ressources en eau : un bien essentiel que nous devons protéger »

Rivières et nappes souterraines constituent l’essentiel des ressources, abondantes mais fragiles, destinées à alimenter les hommes en eau potable. Les protéger pour les préserver durablement est l’un des enjeux majeurs de notre époque.

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Pour satisfaire ses besoins en eau, l’homme puise directement dans le grand réservoir naturel, c’est-à-dire essentiellement dans les rivières et les nappes souterraines. Des ressources 100% renouvelables puisque, contrairement aux gisements d’hydrocarbures qui s’épuisent, ces réserves en eau se reconstituent en permanence, grâce à la pluie, par ruissellement, et même l’eau du robinet qui, une fois utilisée puis dépolluée, retourne au milieu naturel.

L’eau : une ressource abondante

En France, même si la quantité et la qualité des ressources varient selon les régions et les saisons, l’eau reste abondante.
Aujourd’hui, la quantité d’eau douce disponible représente l’équivalent de 3 millions de litres par an et par habitant, alors que les besoins domestiques sont de 100000 litres par an seulement. Bien sûr, l’eau est également utilisée par l’industrie et l’agriculture. Aujourd’hui, les experts considèrent que l’on peut parler de « pénurie » en dessous du seuil de 1,7 million de litres disponibles par habitant : c’est ce qu’on appelle le « stress hydrique ». On en est loin ! Il est rassurant d’observer qu’entre 1992 et 2007, les prélèvements d’eau sont restés stables, tandis que la population augmentait de 10%.

Fortes disparités régionales

Reste que nos ressources se trouvent inégalement réparties sur l’ensemble du territoire. Aléas climatiques, variations saisonnières de population, besoins divers de l’agriculture, etc. Dans le département de la Vienne, par exemple, la quantité d’eau prélevée dans les nappes pour l’irrigation se révèle supérieure aux capacités de renouvellement de la nature. Il en va de même en Indre-et-Loire, où la nappe profonde est très sollicitée. Heureusement, des solutions permettent de faire face à ces difficultés, comme l’évaluation prévisionnelle des besoins en eau, la recherche de nouvelles ressources, l’interconnexion des réseaux, le stockage de l’eau de pluie pour l’irrigation, les campagnes de recherches de fuites, le choix de cultures adaptées…

Une qualité à préserver

Ces actions vont de pair avec une protection renforcée des ressources et des zones de captage. En France, il n’existe quasiment plus d’eau directement consommable par l’homme. Pour être rendue potable, l’eau prélevée dans la nature doit bénéficier de traitements, et ces traitements sont d’autant plus complexes que la ressource est dégradée. Préserver les ressources doit devenir une priorité pour tous. Chacun peut veiller, à son niveau, au respect de la ressource. Quelques gestes comptent au quotidien : limiter l’usage de détergents (lessive, produit vaisselle, produit WC) ; ne pas jeter d’éléments polluants (herbicides, médicaments, peintures…) ni dans l’évier ni dans les toilettes ; ou encore entretenir régulièrement les dispositifs d’assainissement autonomes.

Questions/ Réponses

Nous manquons d’eau et nous laissons les cultivateurs installer des pompes qui débitent 80 mètres cubes par heure. Qu’en pensez-vous ?

La situation globale de la France est celle d’un pays bien doté en eau, tempéré et capable de soutenir une agriculture exportatrice, au moment où la demande mondiale d’alimentation est en forte augmentation. L’irrigation en France n’est souvent qu’une irrigation de complément et elle a permis de sécuriser les rendements dans bien des régions avec relativement peu d’eau.

Les situations de pénurie d’eau peuvent cependant apparaitre en France dans des contextes locaux, qui nécessitent alors des réponses structurelles (infrastructures, réglementation), ou de gestion de crise (interdictions temporaires). La réunion du comité national sécheresse par le MEDAD dès le 12 février 2008, qui a alerté sur les risques et sur le rôle de l’irrigation montre bien que les pouvoirs publics et les acteurs sont mobilisés sur ce sujet.

Il est également souhaitable d’adopter une vision d’ensemble sans opposer frontalement les points de vue de l’agriculture et de l’environnement. Les solutions durables consistent à simultanément restaurer les écosystèmes et nourrir la population de la planète, ce qui nécessitera des choix et des compromis.